top of page

Projet de loi C-322 : soutien de la Coalition pour une saine alimentation scolaire - Déclaration d’ouverture de Brent Mansfield à la réunion du comité HUMA - le 23 mai 2024

Dernière mise à jour : 6 juin


Par: Par: Brent Mansfield, professeur d’école primaire, Co-Fondateur de LunchLAB et de la branche de la Colombie-Britannique de la Coalition pour une saine alimentation scolaire


Le 23 mai dernier, j'ai eu le plaisir d'être invité à témoigner devant le HUMA (Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées) au sujet du projet de loi C-322 (Loi concernant l’élaboration d’un cadre national visant l’établissement d’un programme d’alimentation en milieu scolaire). Je me suis rendu à Ottawa et j'ai eu l'honneur de pouvoir m'adresser au Comité en personne et de rencontrer des députés. J'ai non seulement parlé de mon expérience en tant qu'enseignant, mais j'ai également eu le plaisir d'amplifier la présentation faite par la Coalition pour une saine alimentation scolaire, que vous pouvez lire ici (disponible en anglais seulement).


Vous pouvez voir ma présentation ici. Voici mes notes d'allocution:


Mot d’ouverture


En octobre, j'ai couru 200 tours - plus de 92 km - autour de mon école primaire pour sensibiliser à la nécessité d'un investissement d'un milliard de dollars sur 5 ans du gouvernement fédéral dans un programme d'alimentation scolaire pour le Canada. Puis, en novembre, j'ai couru 200 tours - près de 30 km - autour de la pelouse du Parlement.


C'est un véritable honneur d'être invité ici aujourd'hui. J'aimerais exprimer mon ferme soutien au projet de loi C-322, qui est encore plus important aujourd'hui que lorsqu'il a été déposé pour la première fois en mars 2023, en raison de l'investissement récent d'un milliard de dollars sur cinq ans du gouvernement fédéral dans le budget 2024.


Le projet de loi C-322 fournira un cadre nécessaire pour que le gouvernement fédéral puisse travailler en partenariat avec les provinces, les territoires et les communautés autochtones afin de garantir la santé et le bien-être de tous les enfants canadiens.


Je vous invite tous à soutenir ce projet de loi, dans l'intérêt des enfants canadiens, ainsi que des communautés scolaires et des économies alimentaires locales qui en bénéficieront. Je sais que le soutien à l'alimentation scolaire est une question non partisane que tous les membres d'une école, d'un quartier ou d'une communauté peuvent soutenir.


J'enseigne dans une école primaire urbaine diversifiée située sur les territoires traditionnels non cédés des nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh (Squamish) et səlilwətaɬ (Tsleil-Waututh), dans ce que l'on appelle aujourd'hui le West End de Vancouver.


En tant que professeur, j'ai cofondé un programme de repas éducatifs appelé LunchLAB, en partenariat avec une organisation caritative locale, Growing Chefs. LunchLAB permet aux élèves de préparer des repas pour eux-mêmes et pour leurs camarades, avec l'aide d'une équipe de chefs en résidence. LunchLAB fait du dîner une occasion d'apprentissage importante plutôt que de le considérer comme une interruption de la journée scolaire.


En tant que professeur, je vois l’impact des programmes d’alimentation scolaire, ce qui me donne la conviction et la volonté de plaider pour que tous les élèves puissent en bénéficier. Chaque semaine, je vois de près comment un programme d’alimentation scolaire aide tous les élèves à s'épanouir. Lorsque les élèves sont bien nourris pendant leur journée scolaire, ils sont en meilleure position pour apprendre et sont tellement plus heureux de venir à l'école.


LunchLAB démontre comment les programmes d’alimentation scolaire peuvent aider les élèves à acquérir des compétences en matière d'alimentation, à développer une culture alimentaire et à améliorer leur volonté d'essayer de nouveaux aliments, notamment en se servant généreusement de légumes et de fruits du bar à salades.


Les programmes d’alimentation scolaire sont en effet un facteur d'égalité sociale, et je le vois clairement lorsque des élèves issus de milieux culturels et socio-économiques différents s'assoient et partagent un repas.


En tant que militant passionné de l'alimentation scolaire, j'ai travaillé avec la Coalition pour une saine alimentation scolaire, qui compte près de 450 organisations membres et sympathisants dans chaque province et territoire. J'ai eu l'occasion de participer aux réunions fondatrices de la Coalition à Halifax en 2014. Plusieurs années plus tard, j'ai participé à la formation de la branche de la Colombie-Britannique, qui, grâce à des années de plaidoyer collectif, a contribué à ce que le gouvernement de la Colombie-Britannique inclut 214 millions de dollars sur trois ans dans les programmes d'alimentation scolaire.


La Coalition plaide pour le développement d'un programme universel de saine alimentation dans les écoles, dont les coûts seraient partagés avec les provinces et les territoires, en suivant des principes directeurs clés, fondés sur la recherche et les meilleures pratiques, afin de garantir que les programmes d'alimentation scolaire atteignent leur plein potentiel.


Ces principes directeurs sont ce qui unit ce vaste réseau d'un océan à l'autre, qui comprend des fournisseurs de repas scolaires à but non lucratif, des organisations nationales de santé, d'éducation et autochtones, des conseils scolaires, des villes, des conseils municipaux de santé, et bien d'autres encore.


Ils sont présentés dans le mémoire soumis par la Coalition pour une saine alimentation scolaire, que je vous encourage à consulter.


Mot de la fin


Nous avons besoin d'un cadre national qui soit visionnaire et qui reflète les grands principes directeurs énoncés par la Coalition et repris dans le rapport « Ce que nous avons entendu » -  des consultations sur une Politique nationale en matière d’alimentation dans les écoles. 


J’ai été heureux de constater que le projet de loi C-322 comprend les éléments suivants:

  1. Veiller à ce que les programmes soient conformes au Guide alimentaire canadien Comme indique le Guide alimentaire, “une alimentation saine, c’est bien plus que les aliments que vous consommez”, ce qui implique de prendre conscience de ses habitudes alimentaires, de savourer les aliments et de partager les repas ensemble. Les programmes d’alimentation scolaire sont également l’occasion de favoriser un environnement alimentaire sain et de promouvoir la santé mentale et le bien-être.  

  2. Les droits et les priorités des peuples autochtones du Canada Les communautés autochtones doivent jouer un rôle clé dans la réalisation et la mise en œuvre des programmes d’alimentation scolaire dans leurs communautés et dans d’autres lieux ou les enfants des Premières nations, des Métis ou des Inuits représentent une part importante de la population étudiante. 

  3. Favoriser les systèmes alimentaires locaux et durables Inciter les programmes d’alimentation scolaire à se fixer des objectifs d’achats d’aliments locaux et produits de manière durable permettrait de créer des emplois pour les agriculteurs canadiens et de soutenir le développement économique des communautés. 

  4. Promouvoir l'éducation alimentaire  Pour soutenir les nouveaux programmes d'alimentation scolaire qui doivent être intégrés dans les programmes scolaires et permettre l'acquisition de connaissances et de compétences alimentaires par l'expérience. Les programmes doivent être conçus et gérés avec la participation active des élèves et offrir de nombreuses possibilités d'apprentissage et d'intégration dans les programmes scolaires. Les programmes d'alimentation scolaire offrent de nombreuses possibilités d'implication des élèves dans la préparation, le service et le nettoyage, tout en développant des compétences et des connaissances en matière d'alimentation.


Je soutiens également quelques recommandations de la Coalition pour une saine alimentation scolaire, qui pourraient être incluses pour renforcer le projet de loi C-322 :


  1. Un engagement visant à interdire la publicité auprès des enfants Il doit y avoir des garanties afin de prévenir le marketing d'aliments et de boissons de marque ou hautement transformés auprès des enfants dans le cadre des programmes d'alimentation scolaire. 

  2. Un engagement à évaluer les programmes à l'échelle du Canada afin d'établir des rapports cohérents La collecte et le partage des données permettront de mesurer les progrès accomplis et de soutenir la conception et la mise en œuvre des programmes. 

  3. Un engagement envers un programme universel pour tous les enfants Il est essentiel de viser l'universalité afin que TOUS les enfants du Canada aient progressivement accès à l’alimentation scolaire. Les programmes universels auxquels tous les enfants ont accès réduisent la stigmatisation, un objectif important reconnu dans le projet de loi. Mon expérience avec LunchLAB m'a permis de constater que les programmes d’alimentation scolaire profitent à tous les élèves. Les recherches montrent que la qualité de l'alimentation des enfants canadiens est médiocre pendant les heures d'école, et ce pour l'ensemble du spectre socio-économique. Moins d'un tiers des enfants de moins de 12 ans consomment cinq portions ou plus de légumes et de fruits par jour, et au moins un tiers des enfants d'âge scolaire au Canada déclarent manger des légumes et des fruits moins d'une fois par jour. Tous les élèves devraient avoir la possibilité de bénéficier des programmes d'alimentation scolaire, en particulier lorsqu'ils incluent le développement de compétences et de connaissances en matière d'alimentation, la possibilité de partager un repas avec leurs pairs et de contribuer à leur communauté scolaire. En tant qu'enseignant, je ne pense pas que certains élèves devraient être laissés de côté. Tous les élèves peuvent en bénéficier.


J'aimerais réitérer mon soutien au projet de loi C-322. J'encourage votre commission à soutenir unanimement le projet de loi C-322.


Je vous encourage, ainsi que tous les partis politiques au Parlement, à voter pour l'adoption du projet de loi C-322 dès que possible.


13 vues

Comments


bottom of page